D’après la pièce de théâtre De Mohamed ROUABHI Opéra pour enfant MUSIQUE D’Isabelle ABOULKER Après le Petit Ramoneur de Benjamin Britten puis Cendrillon et le Petit Poucet d’Isabelle Aboulker, la Cie Les Baladins Lyriques propose pour la saison 2009/2010 « Jérémy Fisher », le dernier Opéra d’Isabelle Aboulker, sur un livret de l'écrivain contemporain Mohamed Rouabhi. Comédien, metteur en scène, scénariste et auteur dramatique, Mohamed Rouabhi influencé par son enfance en banlieue est sensible aux questions et aux maux de notre société. Tout en bousculant les idées reçues, son théâtre en est le révélateur. « Jérémy Fisher » est un conte drôle et cruel, celui d’un enfant qui, devenu poisson vient nous raconter son histoire celle d’un petit garçon pas comme les autres qui doit quitter sa famille pour vivre sa propre vie… « Jérémy Fisher incarne l’enfant seul ou devenu seul qui dort en chacun de nous ». Mohammed Rouabhi. Créer un opéra contemporain à l’intention des publics d’enfants est une aventure artistique trop rare sur les scènes françaises pour qu’elle n’éveille pas aussitôt le désir de réussir et un sentiment particulier de responsabilité. Jérémy Fisher conjugue plusieurs atouts. Un texte de théâtre contemporain devenu livret d’opéra, une création musicale contemporaine, une formation inédite : chanteurs, comédien, musiciens, danseur : mais il y a plus sur le fond. D’abord, le propos de Mohamed Rouabhi qui dédie Jérémy Fisher aux enfants seuls ou qui le deviendront un jour et raconte la métamorphose d’un enfant qui veut aller jusqu’au bout de ses rêves. Dans son parcours, l’accompagnent des parents intelligents et aimants, capables de surmonter leurs souffrances. Conte moderne et poétique aux résonances multiples, Jérémy Fisher se présente comme une autobiographie symbolique qui s’appuie sur le quotidien des gens ordinaires pour s’élever jusqu’à l’universelle humanité. Ici, pas de personnages d’ambition et de pouvoir, pas d’intrigue bourgeoise ou aristocratique, mais pour une fois à l’opéra, des personnages humbles, proches de nous, attachants par leur soif de connaissances et leurs désir de transmettre. Ensuite, la musique d’Isabelle Aboulker qui dédie sa partition à l’amour des mots écrits par Mohamed Rouabhi et qui, du coup, multiplie dans une partition ouverte et cohérente, les références aux écritures contemporaines. Avec une délicatesse inventive, la musique de Jérémy Fisher propose un riche parcours opératique, s’attachant en permanence à la beauté du langage, à la générosité des voix. Tour à tour émouvante et humoristique, passant avec virtuosité d’une valse lente à un air plus jazzy, des ardeurs d’un récit épique à l’émotion poignante d’un duo, la composition musicale de Jérémy Fisher s’accorde parfaitement aux épisodes vibrants qui construisent les étapes du destin de Jérémy. Les personnages, attachants, drôles, inquiétants vous sont familiers. La destinée de Jérémy n’est pas fabuleuse. Sa force réside dans le désir d’un enfant d’aller jusqu’au bout de ce qui peut – mais pour combien de temps – enchanter sa jeune vie. Jérémy, c’est un petit garçon pas comme les autres, un enfant né avec les pieds et les mains palmés… Ses parents, d’abord décontenancés, élèvent leur fils avec précaution et amour. Mais les années passent, Jérémy grandit, et il va bientôt devoir quitter le foyer familial pour rejoindre sa vraie maison, l’océan… Sans tomber dans l’écueil du théâtre à message, ce conte moderne aborde, en filigrane, les thèmes de la différence et de la tolérance. Résolument, la troupe « Les baladins lyriques » présente ici un travail de mise en scène collective, le sujet y est traité de façon lisible et avec réalisme. En optant pour un travail pluridisciplinaire qui à la musique allie la danse et la comédie, le spectacle est tour à tour drôle, surprenant et tendre. Chorégraphie Myriam GOURFINK www.myriam-gourfink.com
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